Bilbao Kultur Lab

Média culturel exploratoire

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Bilbao entre les lignes

Le basque connait un nouvel âge d’or. La moitié des Bilbainos le parlent. Mais combien le lisent ? La publication est délicate. Même les librairies les plus indépendantistes passent par des ouvrages en espagnol pour se faire entendre. Pour prendre le pouls d’une langue régionale par ses livres, rencontres dans deux librairies bien différentes…

Louis Sibille

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Maisons de quartier libres

Gaztetxe (gass-té-tché), n.m. : maison de jeunes en basque. Des squats devenus une culture. Presque chaque village a le sien. À Bilbao, c’est quasiment chaque quartier. Indépendants, indépendantistes, ils font vivre le quartier en toute illégalité, ou presque. Tour d’horizon de ces laboratoires dynamiques d’autogestion, entre Kukutza le grand et Zazpikatu le jeune.

Gaztetxe Zazpikatu

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Entre culture basque et culture wax*

* cire utilisée par les surfeurs pour rendre leur planche anti-dérapante

Une journée avec Eneko Acero, double champion d’Europe de surf. Vagues, famille et nationalisme, celui qui a le surf dans le sang nous fait entrevoir la vie des enfants de la côte de Bilbao.

Eneko Aceros, double champion d'Europe de surf

Eneko Acero est resté simple. Loin de l’arrogance affichée par certains surfeurs.

C’est en tongs qu’il fait son apparition. Calvitie naissante, lunettes de soleil, bermuda à carreaux et montre électrique Casio, Eneko boit son « café con leche » en terasse. Enjoué, sourire aux lèvres, il a un mot gentil pour tous. Il est tel qu’on l’imagine : décontracté et bronzé. Quinze minutes plus tard, c’est dans sa voiture, un break allemand, que l’on rencontre sa raison de vivre : la planche de surf. Il y en a quatre à l’arrière, bien entretenues et bien disposées. Une serviette de bain entre chaque planche, comme pour les empêcher de glisser et de se cogner sur un coup de volant.

Eneko Acero aime surfer. Et il vit de sa passion. Il sait qu’il fait partie des plus chanceux de la côte de Biscaye. Il est payé pour aller affronter les vagues de la plage de la Salvaje à Sopelana. Mais à 34 ans, double champion d’Europe de surf, ex-37e mondial, sa carrière est déjà derrière lui. À 11 ans, il tente de se relever sur un surf pour la première fois. À 12 ans, ses parents lui offrent sa première planche pour Noël. Aujourd’hui, il en a plus de 25, bien rangées dans son garage. Des longues, des courtes, des jaunes, des blanches, des roses, des neuves et des usées. Pourtant il a failli ne jamais en avoir une seule. Iker, son ami d’enfance confie: « Le grand frère d’Eneko jouait au football mais il s’est fait virer pour une connerie. Du coup, il a commencé le surf. Eneko a suivi ses pas. Et est devenu champion d’Europe. »

80 000 habitants dont 40 000 surfeurs

Eneko, lui, a sa propre version : s’il a commencé à surfer, c’est parce que tout le monde le faisait à Getxo. Ici le surf est une passion commune. Les surfeurs formeraient « une grande famille ». La moitié des habitants le pratiquerait d’après Eneko. Getxo, c’est donc 80 000 habitants dont 40 000 surfeurs, selon ses dires, à une vingtaine de kilomètres du centre ville de Bilbao.

Pour Eneko, « Getxo, c’est Bilbao ». La cité représente un dixième du grand Bilbao. Nichée près du port industriel, sinistre et polluant, la ville sert étonnamment de ghetto pour les riches. Eneko joue les guides touristiques et longe la côte en montrant du doigt les plus belles et les plus luxueuses villas. Chacune ayant vue sur la mer et sur les grues et plateformes industrielles en acier. Ici, l’électorat est de droite et nationaliste. Le Partido Nacional Vasco, frange libérale du courant nationaliste est au pouvoir à Getxo. D’ailleurs, Eneko revendique son identité basque. C’est sans hésiter qu’il déclare que « la culture basque n’a rien à voir avec la culture espagnole. »

Il n’envisage pas de quitter Algordia, banlieue de Getxo. Il y vit depuis qu’il a un an. Ses parents -professeur de philosophie et mère au foyer- vivent à trois minutes à vol d’oiseau de son appartement. Son petit frère, 32 ans, vit encore chez ses parents. L’aîné habite à Sopelana, la commune d’à côté. Les trois frères ont le surf dans la peau. Le plus âgé travaille pour une marque de surf et de skate. Et Kepa, le cadet, fait le chemin de Compostelle à bicyclette. Sa planche de surf sur le dos, il pédale depuis Irun jusqu’à la pointe Finisterre, en Galice. Pour le champion, « la famille c’est ce qu’il y a de plus important ».

Eneko Aceros

Pour Iker, Eneko, son ami d’enfance, est un bon camarade. Toujours prêt à donner un coup de main.

Malgré tout, le surf envahit sa vie et son esprit. Depuis le collège, il a toujours été plus attiré par la planche que par les bancs de l’école. Son ami d’enfance raconte qu’il séchait les cours pour aller surfer. « Il n’était pas passionné par l’école » s’amuse-t-il. Il avoue qu’il est impossible pour lui de se détacher du surf au quotidien. Il n’y a pas un jour où il ne va pas regarder le vent et les vagues, en vue d’une petite session. Tête en l’air, il a encore du mal à imprimer l’emploi du temps de la garderie de son fils. Il se trompe parfois de jour pour aller le chercher.

Au delà du surf : pas grand chose

Eneko l’admet. Il est casanier, solitaire, et surtout, il tient à son indépendance. Alors qu’il surfe au niveau professionnel, il refuse d’avoir un coach. « J’ai besoin d’être mon propre patron. J’évalue moi même mon niveau de surf. Pas besoin de quelqu’un pour me donner des conseils à longueur de journée », reconnaît-t-il. Parfois, il est impossible de le joindre pendant plusieurs heures d’affilée. « De temps en temps, j’ai un coup de fatigue. J’ai besoin de m’isoler un moment. Alors je coupe mon portable. Parfois durant une journée entière. »

Maintenant qu’il est marié et qu’il a un enfant, ses « surf trips » en Afrique du Sud, Australie ou aux Caraïbes vont être plus compliqués à organiser. Qu’importe, il est quand même bien décidé à partir deux fois par an goûter aux vagues du monde entier. Le contrat avec son sponsor touche à sa fin. Il évite de penser à l’avenir. Sa reconversion ? Il ne sait pas trop. « Un job qui me laisse surfer quand je veux, et qui soit proche de l’univers du surf. ». Car Eneko est un peu obsédé. Au delà du surf, pas grand chose. Ses yeux s’allument et sa voix s’anime seulement à l’évocation de la glisse. Une planche en plastique, une vague qui déferle. En toute simplicité.

Texte et photos : Marthe Rubio et Brune Daudré

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Pourquoi Bilbao inspire-t-elle Bordeaux?

Bordeaux Métropole 3.0. Un nom de code pour une démarche prospective qui suit son cours. Depuis plus d’un an, la Communauté Urbaine de Bordeaux sollicite les citoyens, les communes, les acteurs économiques et les partenaires institutionnels. Avec un million d’habitants prévu pour l’horizon 2030, l’heure est à la réflexion. L’avenir de la métropole doit être pensé.

Alors la ville observe, s’inspire. Chaque rive de l’Atlantique porte son exemple de réussite. Montréal en face. Bilbao à côté. En quoi la capitale du Pays Basque est-elle un modèle pour Bordeaux? La réponse en quatre points.

L’association Bilbao Metropoli-30 est née en 1991. A Bordeaux, le projet n’est encore qu’une esquisse.

1. La capitale de la Biscaye fait de la culture un point d’honneur. Le nouveau défi de Metropoli-30, mis à jour en 2010, est « de faire de Bilbao une ville mondiale […] en étant à l’avant-garde au niveau culturel ». Le Guggenheim est l’emblème de la transformation radicale de la ville. Mais aujourd’hui l’objectif va beaucoup plus loin. « En parlant de la culture, on entend changer la mentalité des gens », affirme, avec une pointe de fierté, Idoia Postigo. Lutter contre le conformisme, pousser les citoyens à l’ouverture : voilà le nouveau projet auquel s’attèle BM-30. Il y a deux ans, l’association a par exemple créé un appareil de mesure du degré de créativité. Grâce aux résultats obtenus, une expérience pilote est en ce moment menée. Une nouvelle façon de travailler est testée dans un des services du gouvernement basque. La culture contribue grandement au rayonnement d’une ville. Et la capitale girondine, classée au patrimoine mondiale de l’Unesco, doit s’appuyer sur ses ressources.

2. « Nous partageons des défis communs », annonce Idoia Postigo. Comme Bilbao, la métropole girondine doit faire face à la force de sa capitale. Madrid et Paris exercent un attrait incontestable qu’il faut contrebalancer. A l’échelle régionale, autre objectif commun : le projet de LGV qui rejoindra les deux villes. Toutes deux sont particulièrement préoccupées par leur avenir. Idoia Postigo souligne, que selon elle, Bordeaux est la seule ville française qui ne pense pas qu’au présent. Avec ces similitudes, impossible de fermer les yeux sur le modèle de développement de Bilbao.

3. Bilbao a accordé une place importante au citoyen. Il est au coeur de sa réflexion. C’est principalement pour cela que la responsable des relations extérieures de Bilbao Metropoli-30 s’est rendue à Bordeaux : « J’ai été invitée à participer à des ateliers au printemps 2010. J’y ai raconté notre projet. En décrivant notamment le processus participatif ». Enquêtes de perceptions, réunions locales : Bilbao a tenu à recueillir l’avis de ses citoyens. « Penser ensemble avec tous les acteurs, du citoyen au responsable institutionnel, est une étape indispensable », décrit Idoia Postigo. Bordeaux a organisé, sur ce modèle, la Semaine de la fabrique métropolitaine début avril. Sept jours de tables rondes et ateliers ouverts à tous. L’occasion de s’informer, de débattre et de participer à l’élaboration du projet pour 2030.

4. Les villes de Bordeaux et Bilbao entretiennent d’étroites relations depuis de nombreuses années. Une liaison qui aurait débuté à la fin des années 1980 alors que les deux villes entraient dans le réseau Eurocities. « Il y a une réelle amitié entre les maires de nos deux villes. Il est normal de demander conseil à un ami lorsqu’il réussit », explique Idoia Postigo, responsable des relations extérieures de l’association Bilbao Metropoli-30 (BM-30). Surtout lorsque l’ami a beaucoup plus d’expérience. Le projet bilbaino fêtait son vingtième anniversaire la semaine dernière.

On ne parle pas de transposer la méthode. Idoia Postigo insiste, « il n’existe pas une science exacte de planification des villes. Mais pour obtenir un bon résultat, un important processus de réflexion est essentiel ». Bordeaux doit encore « trouver ses valeurs, sa personnalité » pour guider la ville dans son projet.

Texte et photo : Louise Wessbecher

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Zorrozaurre : la réhabilitation par l’art

Zorrozaurre : la réhabilitation par l'art

Entre les murs défoncés de Zorrozaurre, de jeunes bilbainos pleins d’idées ont mis sur pied ZAWP, un collectif créatif et conceptuel autour duquel des artistes se retrouvent pour dynamiser le quartier. Une initiative résolument alternative.

Marie-Alix Autet


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Balade littéraire avec Juan Bas

calledelperro

La nuit tombe sur le Casco Viejo. Les bars à tapas sont déjà ouverts. Les verres de kalimutxo et des cañas se multiplient sur les trottoirs. Les discussions s’animent. Les rires éclatent. Cette ambiance est celle du vieux quartier. C’est aussi le décor des livres de Juan Bas, écrivain né à Bilbao en 1959. « Le sens de l’exagération, l’arrogance, le culte de la nourriture et de la boisson des Bilbainos se marient bien avec l’humour grotesque et rabelaisien de mes livres » confie l’auteur qui collabore régulièrement dans le journal local, El Correo. Le marché de la Ribera, la calle del Perro, le Guggenheim, Juan Bas nous fait (re)découvrir la capitale de Biscaye sous sa plume ironique et décalée. 

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Aspirateur sur fond blanc

Au musée Guggenheim, Marisa et Carmen sont femmes de ménage. Chaque jour, elles passent l’aspirateur au pied de ces  œuvres d’art que viennent contempler des milliers de visiteurs par jour. Entre préoccupations ménagères et sensibilité artistique, elles proposent un regard aussi déroutant que désacralisant sur l’art contemporain.

Louisa Yousfi et Vanessa Hirson

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L’Arkeologi Museoa, un désert au cœur de Bilbao

vaisseau (Copier)

Le ciel est gris ce jeudi matin au-dessus de Bilbao. Pourquoi ne pas visiter l’Arkeologi Museoa ? Du Neandertal à l’époque moderne, il devrait y avoir de quoi s’évader, ou au moins de quoi en apprendre un peu plus sur l’histoire du territoire basque et de ses dépositaires ancestraux. Ne pas demander son avis au sympathique agent de sécurité qui travaille à l’accueil. «A mi, no me interesa» (Moi, ça ne m’intéresse pas !). Qu’à cela ne tienne, il ne nous enlèvera pas notre enthousiasme. 

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Dans les plis de Balenciaga

Pour la plupart des Français, le maître est parisien, peut-être même italien. Cristóbal Balenciaga est né dans la province de Guipuscoa, à 80 km de Bilbao, dans le petit village côtier de Getaria. Qui le sait aujourd’hui à Bilbao ? Que reste-t-il de l’esprit Balenciaga au Pays Basque ?

«Les Bilbainos ne connaissent pas tous Balenciaga. Mais les Basques oui». Lucía Perez, habitante de Bilbao, se promène souvent dans le quartier bourgeois d’Abando. Gucci, Maje, Loewe… c’est ici que sont concentrées les boutiques de luxe. Avec ses larges lunettes de soleil et son chien modèle réduit, la sexagénaire explique que les Bilbaínas portent beaucoup d’attention à leur façon de s’habiller. 

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